dimanche 11 mai 2008

Plagiat !

La France.

Petit état hexagonal egocentré, sis entre réserve à saumons et réserve à thons, la France a longtemps cherché, tel le tricot de Géraldine Chonfleur, à étendre sans limites la surface de son territoire, mais sans jamais y parvenir.
Hannibal aura eu beau enseigner le ski à ses éléphants,
Charlemagne envoyer des missi dominici aux quatre coins de son empire,
François Ier revendiquer l'héritage de Louise (de Savoie, pas MacNasty),
Louis XIV récupérer l'alma mater de la beu,
ou Napoléon (est mort à Sainte Hélèneuuuuh) envoyer ses troupes en mission Zubrowka du côté de Moscou,
jamais la France n'aura dépassé la ceinture pyrénéo-alpino-rhénano-ardennaise. Il faut avouer que les Ardennes constituent une barrière géographique naturelle infranchissable, d'autant que l'on ne sait toujours pas exactement ce qui se trouve derrière.

Napoléon, manifestement frustré de n'avoir jamais su résoudre le puzzle 800 pièces offert par Letizia (Buonaparte, pas celle d'Optic2000), décida un beau matin de 1799 de découper une carte de france en petits morceaux pour en faire des bons points, distribués à des gens en uniforme pré-fait.
Ainsi naquit la province. Mais l'objet ici sera plutôt son antonyme, à savoir : Paris.


Paris. (-Paris)

Anciennement Lutèce (<lutetia parisiorum : la terre boueuse des Parisii), Paris a longtemps lutté contre les Rémois inventeurs du fan-club de Clovis et de l'eau gazeuse,
contre les Orléanais cousins usurpateurs de cou
ronne,
voire contre les Silvanectes persuadés que l'élection quasi-sarkozy
enne d'Hugues Capet leur filait le droit de se la péter.
Toujours est-il
que la cité des Parisii (vous pouvez prononcer "par iciii !") a fini par trouver sa place sur le devant de la Seine, et se prévaloir du rang de département à elle seule. Il faut dire que seule notre belle ville est dotée d'un atout indéniable : sa population. Haussmann énervé lui a même offert la possibilité d'en entasser un maximum tout en conservant des rues d'ampleur extraordinaire : les immeubles.
Le Parisien entassé et entasseur constituera donc l'objet principal de cet article.










Le Parisien.


Entrer à Paris relève de l'ingéniosité médiévale et pour cause : le Parisien est une espèce menacée. Entendez par là que sans la muraille crénelée de radars qu'est le périph, l'atmosphère parisienne s'échapperait en province et ôterait toute possibilité de survie au petit microcosme qui se développe autour de la tour FL.
Pour entrer dans la capitale,vous devez donc justifier soit d'un titre de transport estampillé SNCF, soit d'un quatre-roues capable de cré
neauter dans un espace de 3m de long en moins de 2s et demie. Si votre idole Nils Holgersson vous a donné l'idée d'y aller par la voie des airs, oubliez : le survol de Paris est interdit pour cause de drones et d'hélicoptère présidentiel.
Une fois la porte (qu'elle soit italienne, orléanaise, bagnoletaise ou villettoise) franchie, le
provincial empruntera le tube souterrain pour se sentir Bienvenüe.
C'est là que son travail d'ethnologue commence : chemi
se hawaïenne, short et sandales à chaussettes intégrées côtoieront très vite polo, pepejeans et escarpins à pansements intégrés. Fouillant frénétiquement son short à compartiments à la recherche du précieux rectangle de bristol blanc (ou mauve, selon qu'il s'agit du ticket old school ou du remasterisé) qui lui permettra de sortir des voûtes carrelées de la Régie des Transports qui a un nom de crachoir, le provincial restera muet d'admiration devant la Parisienne qui, telle une magicienne, effleurera simplement de son Prada la borne Navigo pour se libérer des reflux nauséabonds du métro.
Enfin à l'air libre, le provincial toussera, car ici l'air est si chargé de minéraux carboniques que ses petits poumons regretteront l'azot
e des étables. Mais point ne reculera, car son enquête se doit d'être rondement menée : il entreprendra donc une petite promenade sur les trottoirs avant de comprendre que xXx y a été tourné, et pour cause : la moyenne du Parisien à pied frôle les 50km/h, et le Parisien n'est pas encore pourvu de clignotants pour annoncer son changement de voie.
Mieux que cela: lorsque le Parisien s'arrête, il s'assoit sur une terrasse de café... sur ledit trottoir. Ce qui me permet d'embrayer (ha, ha) sur une institution typiquement parisienn
e : le café.








Le café est à la fois lieu et principe socialisant.
Vous ne connaissez pas une charmante personne ? Proposez-lui un café.
Vous avez RDV avec quelqu'un ? Donnez-lui pour point de rencontre un café.
Vous vous ennuyez profondément ? Prenez un café.
Vous, petit provincial, êtes adepte de la clope ? Le Parisien fait mieux : il a le café-clope. Hé ouais.
Le produit en lui-même reste à étudier, car il faut croire que Paris importe le café directement depuis le Mexique, tant son tarif exorbite les yeux rougis du provincial. A moins que dans le petit noir ne soient inclus le prix de l'avancée sur le trottoir municipal, le déplacement du serveur et les chauffages/brumisateurs de terrasse (selon la saison).
Quant au concept de café, sachez qu'il est polymorphe puisqu
e passés 20h, il se transforme en "verre".
Observatoire de la populace autochtone, le café permettra au provincial de reposer ses pieds meurtirs par l
e bitume capital et de juger du comportement de son semblable, son frère (www.rousseauisalsoalive.com). Et, plus vite, qu'après une bouffée de P., l'hallucination détournera son esprit. Le Parisien lui semblera hermaphrodite, tant il est difficile de savoir qui des deux sexes passe le plus de temps devant son miroir avant de descendre les 6 étages sans ascenceur de son réduit étudiant ou les 14 avec ascenceur plus grand que ma salle de bains de son appartement (parental mais faut pas le dire) seizièmenordesque.
Un petit indice : la Parisienne est souvent dotée d'un appendice Longchamp qu'elle porte au creux du coude, l'apparentant de manière plus ou moins prononcée à la famille des théières. Notez également l'excroissance capillaire relativement fournie qui protège la partie droite (ou gauche, mais ce blog est a-politique, je le répète) de son visage.
Le slim, quant à lui,reste co
mmun aux deux sexes,à ceci près que seul le Parisien est autorisé à en conserver la ceinture au-dessous des fesses, laissant apparaître son sous-vêtement griffé CalvinKlein. Je m'autorise là une digression qui me permettra peut-être d'obtenir enfin une réponse : le "klein" de Calvin Klein sur un sous-vêtement masculin présage-t-il de la taille de ce que l'on va trouver en-dessous ou bien les germanophones sont-ils seuls à se poser cette question ?
La Parisienne, elle, ne laissera paraître sa ficelle radiale qu'assise à la BSG, accessible après cession d'une carte à code-barres (la BSG, pas... , enfin !)

Toujours attablé à son café, le provincial en profitera pour établir une étude linguistique de la population qu'il observe.
Un premier aperçu, à enrichir :
lieux :
-Luco : jardins du Luxembourg
-Sèv'Bab' : station Sèbres-Baylone
-H4 : lycée Henri IV
-LLG : lycée Louis-Le-Grand
-BSG : bibliothèque Sainte Geneviève
-vélib': bicyclette locative
-imaginR : carte d'abonnement aux services de transports en commun
-les Champs : Champs-Elysées
-le Champs : Champs de Mars

-le fleuve : la Seine
-monop' : Monoprix
-épicerie : Monoprix dix fois plus cher quand Monoprix est fermé
-Franprix/Ed : Monoprix pour les pas-in
-catas
: catacombes version sans guide et entrée selon les plaques non soudées


adjectifs/noms :
-seizième nord : péteux
-péteux/euse : Parisien pure souche
-tecktonik : épileptique
-slim : jean taille 32 porté par une fille taille 44
-métro : journal gratuit
-jap': restaurant de quand on n'a pas d'idée
-polochaussuresbateau : catho
-PointGamma/Xtra : gala avec chopes
-Chartes/baldel'X : bal sans chopes
-champagn'piscine : champagne avec force glaçons et paille fluo, lunettes de soleil, terrasse, bouquin pour faire intello et Parisienne ano obligatoires
-soldes : pugilat féminin public annuel rue de Rennes/Rivoli

verbes :
-choper : choper
-aller danser : sortir en boîte
-boire un café : glander 4 heures dans un café
-réviser : glander 4 heures à la BSG
-choper un taxi : râler contre le service du métro jusqu'à 1h50 seulement et les noctiliens une fois par heure seulement
-prendre un taxi : parler créole/mexicain/roumain OU claquer 30 euros en 2minutes et 1km500

autres :
-matinée : séance de 15h
-ce matin : au réveil (entre 14 et 18h)
-ce soir : ce matin
-on s'télébouffe : on se rappelle on se fait une bouffe
-il est démaquable : fonce, ma poule
-il est maqué : vise son copain, ma poule
-tu me rappelles : j'ai plus de crédit

Muni de ce lexique, le provincial finira peu à peu par comprendre ce que le Parisien dit, et pourra perséverer dans son enquête jusqu'à découvrir les passe-temps de son objet.
Car le Parisien ne s'amuse pas comme tout le monde : il nage dans des piscines facilement assimilables à la population du métro aux heures de pointe,
il jogge entre deux avenues pleines de voitures,
il se promène dans des bois non prévus à cet effet sitôt que la nuit tombe,
il boit sans jamais regarder le prix de la pinte,
il fume agglutiné sur le cendrier mis à disposition par son bar,
il danse dans des boîtes avec de la vraie musique,
il shoppe tout et n'importe quoi parce que quoi qu'il cherche, il le trouve à Paris,
il se fait maquiller parce que chez Séphora c'est gratuit,
il se fait coiffer parce que dans les trainings Maniatis c'est gratuit,
il geeke partout parce que le wi-fi est disponible dans tous les parcs, tous les McDo, tous les cafés et toutes les places piétonnes,
il fesse le bouc parce que c'est in,
il randonne sur les toits ou dans les catas quand il ne sait que faire de ses nuits,
en version intello il possède la carte entrée libre de chaque musée et râle parce qu'il n'y a pas, comme à Turin, de carte donnant accès à TOUS les établissements culturels.


Cette étude m'a fatiguée. Je m'en vais en vélib'perso parfaire mon bronzage au Luco en lisant le ParisPasCher avec un monaco, tiens.





NB : Parisienne assimilée recherche provinciale désespérée à qui revendre son Trouver un Jules à Paris, parce qu'elle a déjà trouvé son Gros Chat à Lille...

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