lundi 9 février 2009

Big up !

A Madame Pascale Gonod, maître de conférences à l'Université Paris I - Panthéon-Sorbonne (comme quoi, cette fac ne fait pas que des âneries...).

Cette dame extra est ma prof de droit administratif ce semestre, et elle a commencé son cours par un ex-cursus qui n'en est pas tout à fait un, au sujet du projet Pécresse contre lequel les enseignants-chercheurs se battent sans qu'on explique vraiment pourquoi.
Je dois avouer que, pauvre petite demi-étudiante, je ne m'était pas penchée sur le sujet, et en une heure et demie, Mme Gonod a fait un court résumé du contenu de cette proposition de réforme qui a été éclairant.

Mais surtout, pour nous faire saisir son engagement dans la lutte contre ce texte, elle a mis en relation la lutte des enseignants-chercheurs et la condition étudiante : une dissociation du statut, c'est le risque de faire de l'enseignement une "poubelle", où les contenus ne sont plus alimentés des avancées de la recherche qu'un prof effectuera, et où à l'inverse, la recherche ne se nourrira plus des réactions soulevées par les étudiants lors de leur formation. Je cite toujours Madame Gonod, lorsque je dis que Montaigne doit bien rigoler de ce qu'en 2009, on ne parvient toujours pas à constater qu'une tête bien fait vaut mieux qu'une tête bien pleine.
Glissant peu à peu du sujet principal sur lequel vous pouvez vous renseigner en lisant de bons articles (Le Monde de l'Education, pas 20 Minutes...), notre Pascale nationale en est venue à un constat maintes fois renouvelé sur la situation des universités et leur manque de budget (notez au passage que Sciences Po est désormais habilité à délivré des diplômes universitaires en Droit... et faites le calcul).
Surtout, elle aura signalé une anecdote que l'amphi entier aura retenu :
"Je discutais dernièrement avec un collègue dont, par décence, je ne citerai pas le nom, au sujet de la fameuse mise en ligne des cours et des fascicules de TD. Je tentais de justifier ma position selon laquelle je ne m'investirai dans la mise en ligne que le jour où chaque étudiant aura ici, à l'université, accès à un ordinateur, une connexion internet et une imprimante."
L'anonyme professeur a cru bon de rétorquer :
"Oui enfin, s'il y a des étudiants qui n'ont même pas un ordinateur connecté à internet et une imprimante, et bien ce n'est même pas la peine qu'ils entreprennent des études."
Imaginez la tête globale de l'amphi.
Mais SuperPascale nous a prévenus :
"Depuis, j'ai décidé que je ne parlerai plus jamais à ce monsieur."
Applaudissements.
En gros, Pascale fait la tête à Monsieur X, mais céellekaraison.


C'est-y-pas formidable, des profs pareils ? Heureusement qu'ils existent et qu'ils sont encore là pour sauver notre enseignement supérieur. Je suis étudiante, je rame, mais je tiens à ma formation.
Big up, Pascale !

4 commentaires:

  1. L'autre prof est un cynique, mais il a raison aussi, d'un côté... Le monde allant comme il va, ma bonne dame, ce sont souvent les plus riches, les plus au courant et les mieux équipés qui profitent du gâteau, au détriment des autres... Je ne dis pas qu'on ne doit pas lutter contre ce qu'il énonce, simplement qu'il y a une part de vérité...

    En tout cas je réitère: BRAVOURE, MA CHOUPETTE !!

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  2. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  3. (correction des lettres manquantes)

    Je reste perplexe face à cette "constatation". Ce n'est pas parce que l'on se dirige vers quelque chose que l'on ne doit pas tenter de rattraper le gouvernail... Le progrès n'est pas unidirectionnel, des dizaines de philosophes en conviennent.
    Et surtout, procédons dans l'absolu à une vision d'une France où les étudiants sont seulement des privilégiés munis d'un ordinateur, d'une connexion et d'une imprimante, qu'ils acceptent de payer par leurs soins... Quid des impératifs et soucis techniques ? Exemple 1 : l'étudiant qui, de nature, ne parvient pas à maîtriser sa machine (une personne du genre ma mère, qui déplaçait la souris sur des espaces de 20m² et se plaignait de ce que le fil était trop court...) sera bien embêté lorsqu'on lui dira "téléchargez donc le livret en PDF et imprimez-le en taille réduite RVB". Exemple 2 : au hasard, moi ; j'ai un PC (deux, même !), mais mon imprimante est en réparation pour un mois et ma connexion wifi est bancale dûe au fait que je pompe le réseau de mes propriétaires (je n'ose ajouter que pour ce faire, j'ai acquis un répétiteur à 90euros...) ; parions que mon pépéPC meure sous mes doigts... Ah, je suis équipée, mais bien embêtée.

    Il y a donc une part de vérité, Choupette, mais cette vérité-là est elle-même inacceptable. Un prof doit-il se déclarer incompétent si l'étudiant n'est pas équipé ? Cela signifierait-il qu'on ne ferait plus confiance aux capacités dudit étudiant, mais au matériel qu'il possède ? A la forme plutôt qu'au fond ? Il me semble que la définition générale de l'enseignement n'est pas celle-là...

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  4. Ah, mais, je suis bien d'accord ! Si tu relis, mon post, tu verras que "Je ne dis pas qu'on ne doit pas lutter contre ce qu'il énonce, simplement qu'il y a une part de vérité..." ;-)

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