vendredi 13 juin 2008

/// interlude (bis) ///

Je ne m'étendrai pas sur l'absence de dessins de ces derniers temps ; certains connaissent mon emploi du temps matériel, d'autres mon souk émotionnel.
D'autant plus que, physiquement, je vais sans doute mettre plusieurs jours à me remettre de mon accident. Ah oui parce que (cf. cet article) niveau gaucherie, j'ai explosé la barre.

Jugez plutôt : hier soir, 19h55, j'étais en retard pour aller travailler. Comme de coutume, me direz-vous. En vélo, me voilà dévalant la rue Mouffetard, il fait humide, le pavé est particulièrement glissant.
Je descends de vélo alors qu'il n'est pas encore arrêté (par temps de pluie je n'ai pas de freins), et me voilà le pied (gauche) en l'air, avec ma propre tête comme seul moyen de réception. Trou noir, je me réveille la seconde suivante, avec un monsieur qui m'enveloppe de sa veste et me demande de lui serrer les mains. Certes, mais faut que j'aille bosser, moi ! Sauf qu'il m'est impossible d'esquisser un geste, et que je suis prise d'une envie de dormir telle que le pavé me semble un excellent matelas, désormais. J'ai mal à la tête, mal au dos, mon portable sonne, l'inconnu répond et va prévenir, 10m plus bas, ma collègue des Gelati d'Alberto qu'effectivement je suis bien là, mais pas forcément en état de servir des glaces ce soir.

D'aucunes diraient que j'ai bien de la chance, parce que les pompiers de la rue du Cardinal Lemoine (spéciale dédicace au fan-club du foyer Sainte-Geneviève), je les ai enfin pour moi. Certes. Mais enfin j'ai connu plus sexy qu'une PLS pour les recevoir... Un petit tour de camion, la sirène est insupportable, j'ai presque envie de me retaper la tête contre les parois pour la faire taire, et me voilà découvrant les plafonds magnifiques de la Pitié-Salpêtrière. Avec un air de déjà-vu, version CHR de Bordeaux il y a quatre ans. Notez que je réitère ma demande de peindre des fresques sur lesdits plafonds, histoire que les personnes à collier cervical ne s'ennuient pas trop. On me met dans un couloir, il fait froid, j'ai toujours mal à la tête, tiens, et si je piquais un somme ?
Lorsque je me réveille 2h plus tard, rien n'a changé, j'ai toujours un néon façon UV sur le visage, en revanche l'ambiance sonore est insupportable ; des gémissements d'autistes, des geigneries de SDF, et surtout une sale odeur de... passons les détails. Ma soeur a enfin pu me rejoindre (elle a dû sortir son glaive et son cheval, paraît-il), et nous attendons encore.
Au final, une dame me reçoit dans un box, avec une tenue de médecin mais sincèrement nous nous sommes demandées si, à l'APHP aussi, il n'y a pas des emprunts et des échanges à la lingerie : je suis assise, elle retire la minerve, me fait tourner la tête à droite, à gauche, file à son PC faire un rapport et me dit de simplement me surveiller. Oui enfin j'ai quand même l'impression d'avoir du métal dans le cerveau, une pêche qui a poussé à l'occiput gauche et le bras gauche endolori... L'avantage reste que je peux m'en aller de l'hôpital le plus sale que j'ai jamais connu (pour un 1er au classement, j'ai des doutes); ma soeur a appelé InterMutuellesAssistance pour nous avoir un taxi, mais il faudrait attendre une demi-heure. Je suis bougonne, fatiguée, alors nous rentrons en métro. Dieu que c'est bruyant, un métro ! Et le type qui m'accueille à la sortie, me disant que je suis drôlement jolie, j'ai juste envie de lui mettre la tête contre le pavé, histoire qu'il comprenne...
La nuit se passe, aussi nulle pour moi que pour Gatoune, puisqu'il faut qu'elle me réveille plusieurs fois afin de vérifier que tout va bien. Ce matin, je suis encore somnolente, mon patron m'a épargné mon service de ce soir, et tout ce qu'il y a à faire, c'est prendre des antalgiques et attendre. Priez pour moi, j'ai toujours eu la phobie des IRM.

(si ça se calme, je vous ferai un dessin, mais alors dans quelque temps, hein...)

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